Project Gutenberg's La reine
Margot - Tome II, by Alexandre Dumas, Père
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Title: La reine Margot - Tome II
Author: Alexandre Dumas, Père
Release Date: February 27, 2005
[EBook #13857]
Language: French
Character set encoding:
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GUTENBERG EBOOK LA REINE MARGOT - TOME II ***
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Alexandre
Dumas
LA
REINE MARGOT
Tome
II
(1845)
Table des matières
DEUXIÈME PARTIE
I Fraternité............................................................................. 5
II La
reconnaissance du roi Charles IX.................................. 16
III Dieu
dispose.................................................................... 27
IV La nuit
des rois................................................................. 43
V Anagramme...................................................................... 56
VI La rentrée
au Louvre........................................................ 66
VII La
cordelière de la reine mère......................................... 84
VIII Projets
de vengeance..................................................... 98
IX Les
Atrides...................................................................... 121
X L’Horoscope.................................................................... 136
XI Les
confidences.............................................................. 148
XII Les
ambassadeurs......................................................... 163
XIII Oreste
et Pylade........................................................... 173
XIV Orthon......................................................................... 187
XV
L’hôtellerie de la Belle-Étoile........................................ 204
XVI De Mouy
de Saint-Phale............................................... 219
XVII Deux
têtes pour une couronne.................................... 230
XVIII Le
livre de vénerie..................................................... 248
XIX La chasse
au vol.......................................................... 260
XX Le
pavillon de François Ier............................................. 274
XXI Les
investigations........................................................ 286
XXII Actéon....................................................................... 302
XXIII Le bois
de Vincennes................................................. 314
XXIV La
figure de cire........................................................ 326
XXV Les
boucliers invisibles............................................... 346
XXVI Les
juges................................................................... 357
XXVII La
torture du brodequin........................................... 373
XXVIII La
chapelle............................................................. 386
XXIX La place
Saint-Jean-en-Grève................................... 393
XXX La tour
du Pilori......................................................... 401
XXXI La sueur
de sang........................................................ 415
XXXII La
plate-forme du donjon de Vincennes................... 423
XXXIII La
Régence............................................................ 430
XXXIV Le roi
est mort : vive le roi !..................................... 436
XXXV Épilogue................................................................... 445
DEUXIÈME PARTIE
En sauvant la vie de Charles, Henri avait fait plus que sauver la vie d’un homme : il avait empêché trois royaumes de changer de souverains.
En effet, Charles IX tué, le duc d’Anjou devenait roi de France, et le duc d’Alençon, selon toute probabilité, devenait roi de Pologne. Quant à la Navarre, comme M. le duc d’Anjou était l’amant de madame de Condé, sa couronne eût probablement payé au mari la complaisance de sa femme.
Or, dans tout ce grand bouleversement il n’arrivait rien de bon pour Henri. Il changeait de maître, voilà tout ; et au lieu de Charles IX, qui le tolérait, il voyait monter au trône de France le duc d’Anjou, qui, n’ayant avec sa mère Catherine qu’un cœur et qu’une tête, avait juré sa mort et ne manquerait pas de tenir son serment.
Toutes ces idées s’étaient présentées à la fois à son esprit quand le sanglier s’était élancé sur Charles IX, et nous avons vu ce qui était résulté de cette réflexion rapide comme l’éclair, qu’à la vie de Charles IX était attachée sa propre vie.
Charles IX avait été sauvé par un dévouement dont il était impossible au roi de comprendre le motif.
Mais Marguerite avait tout compris, et elle avait admiré ce courage étrange de Henri qui, pareil à l’éclair, ne brillait que dans l’orage.
Malheureusement ce n’était pas le tout que d’avoir échappé au règne du duc d’Anjou, il fallait se faire roi soi-même. Il fallait disputer la Navarre au duc d’Alençon et au prince de Condé ; il fallait surtout quitter cette cour où l’on ne marchait qu’entre deux précipices, et la quitter protégé par un fils de France.
Henri, tout en revenant de Bondy, réfléchit profondément à la situation. En arrivant au Louvre, son plan était fait.
Sans se débotter, tel qu’il était, tout poudreux et tout sanglant encore, il se rendit chez le duc d’Alençon, qu’il trouva fort agité en se promenant à grands pas dans sa chambre.
En l’apercevant, le prince fit un mouvement.
– Oui, lui dit Henri en lui prenant les deux mains, oui, je comprends, mon bon frère, vous m’en voulez de ce que le premier j’ai fait remarquer au roi que votre balle avait frappé la jambe de son cheval, au lieu d’aller frapper le sanglier, comme c’était votre intention. Mais que voulez-vous ? je n’ai pu retenir une exclamation de surprise. D’ailleurs le roi s’en fût toujours aperçu, n’est-ce pas ?
– Sans doute, sans doute, murmura d’Alençon. Mais je ne puis cependant attribuer qu’à mauvaise intention cette espèce de dénonciation que vous avez faite, et qui, vous l’avez vu, n’a pas eu un résultat moindre que de faire suspecter à mon frère Charles mes intentions, et de jeter un nuage entre nous.
– Nous reviendrons là-dessus tout à l’heure ; et quant à la bonne ou à la mauvaise intention que j’ai à votre égard, je viens exprès auprès de vous pour vous en faire juge.
– Bien ! dit d’Alençon avec sa réserve ordinaire ; parlez, Henri, je vous écoute.
– Quand j’aurai parlé, François, vous verrez bien quelles sont mes intentions, car la confidence que je viens vous faire exclut toute réserve et toute prudence ; et quand je vous l’aurai faite, d’un seul mot vous pourrez me perdre !
– Qu’est-ce donc ? dit François, qui commençait à se troubler.
– Et cependant, continua Henri, j’ai hésité longtemps à vous parler de la chose qui m’amène, surtout après la façon dont vous avez fait la sourde oreille aujourd’hui.
– En vérité, dit François en pâlissant, je ne sais pas ce que vous voulez dire, Henri.
– Mon frère, vos intérêts me sont trop chers pour que je ne vous avertisse pas que les huguenots ont fait faire auprès de moi des démarches.
– Des démarches ! demanda d’Alençon, et quelles démarches ?<